On considère habituellement que la naturopathie puise son origine dans les divinités médicales, à l’aube de l’humanité : pour mémoire, dans la Grèce antique, ASKLEPIOS (ou AESCULAPE chez les latins) fut le dieu de la médecine dont ses trois filles : HERA présidait aux accouchements, PANACEA à la guérison et HYGEA à la protection de la santé (d’où le mot français hygiène).
Au cœur de cette culture européenne, HIPPOCRATE de COS (459 – 377 av. J.C.) devint le père incontesté de toute la médecine traditionnelle occidentale dont les grands principes sont :
Le XIXième siècle scientifique marqua un virage par rapport à la tradition hippocratique à travers les idées de VIRCHOW (notion de pathologie cellulaire), des chimistes PASTEUR (spécificité des maladies infectieuses et notion de contagion) et LIEBIG (théorie calorique et négation du vitalisme).
Dans toute l’Europe du 19e siècle et jusqu’à la dernière guerre mondiale, la ’’médecine populaire’’ avait une grande audience et on pouvait trouver dans chaque ville ou village des rebouteurs, des barreurs et autres guérisseurs de tous poils !
C’est en Allemagne que la naturopathie trouva véritablement son impulsion, grâce aux conceptions de chercheurs non-médecins, tel le curé Sébastien KNEIPP (1821 – 1897) très connu pour sa « Cure d’eau » (encore appliquée aujourd’hui à Worishoffen), PRIESSNITZ (1799 – 1852), HAHN (1824 – 1883), SCHROTH et surtout F.E. BILZ qui créa sa fameuse clinique de « médication naturelle » à Dresde.
Certains praticiens allemands émigrèrent outre-atlantique pour y développer leur art. Ainsi les deux pionniers de la naturopathie : Benedict LUST (1872 – 1945) le fondateur - qui arriva pour la seconde fois aux U.S.A. en 1896 après s’être guéri en Allemagne d’une tuberculose selon la méthode KNEIPP - et Henry LINDLAHR à Chicago (1862 – 1925), rejoints par Bernard MaCFADDEN (1868 – 1955).
C’est en 1895 que John H. TILDEN et John H. SCHEEL avaient créé le vocable de « naturopathy » (provenant de « nature’s path », ce qui signifie en français : le chemin de la Nature), venant compléter le concept « hygiéniste » déjà fort répandu par TRALL, TAYLOR, JENNINGS, Ellen G. WHITE et, enfin, SHELTON qui développa la notion de ’’compatibilités alimentaires’’.
Ainsi, depuis 1902, la « naturopathy » fut enregistrée, puis institutionnalisée et enseignée dans les universités de médecine américaines au même titre que l’ostéopathie ou l’homéopathie. On pouvait déjà dénombrer 12 écoles de naturopathie aux U.S.A en 1927 !
Deux ouvrages font référence en matière de naturopathie :
2ième Edition. Philadelphia, 1999, WB Saunders Company.
En Allemagne, la profession de ‘’Heilpraktiker » (praticien de santé) existe depuis 1939. Les praticiens se dénombrent par milliers dans une organisation professionnelle parfaitement structurée et officialisée. Les écoles allemandes acceptent les étudiants français depuis 1976 sous certaines conditions.
En France au début du siècle, le courant hygiéniste fut relativement peu marqué ! Seul, le Dr Paul CARTON, père du ’’naturisme’’, fit référence et autorité. A Paris, les académies de culturisme prônaient de tels préceptes. Le courant de la « Vie Claire » fut développé par Henri-Charles GEFFROY (1895 – 1981) qui impulsa les premières notions de végétalisme. De même à Paris, Maurice LEMARCHAND fut l’initiateur des compléments alimentaires…
A son retour des U.S.A. dans les années 40, le biologiste Pierre-Valentin MARCHESSEAU (1910 –1994) rapporta en France le vocable et le concept américain de « naturopathie » ; dans son école parisienne : la « Faculté Libre de France », il forma plusieurs générations d’hygiénistes et de naturopathes précurseurs et pionniers comme Désiré MERIEN, Albert MOSSERI, André PASSEBECQ, Grégoire JAUVAIS, André ROUX, Marc LECOCQ, de même que les responsables nationaux actuels comme Alain ROUSSEAUX, Daniel KIEFFER, ainsi que de nombreux praticiens.
Pr. Pierre V. Marchesseau | Pr. André Roux | ![]() Marc Lecocq |
Par la suite, la profession fut structurée par André ROUX (1926 – 1996) avec la création de l’association professionnelle O.M.N.E.S. (Organisation de la médecine Naturelle et de l’Education sanitaire) en 1981 puis en 1985 dans le cadre de la Fédération Nationale des Associations d’Hygiène et de Médecines Alternatives Naturelles (F.E.N.A.H.M.A.N.) qui coordonne les écoles, structure l’enseignement et l’ association de praticiens agréés R.N.F. répondant à la charte et au code déontologique de l’OMNES et poursuivant régulièrement une post-formation professionnelle.
Marc LECOCQ assumera de 1980 à 2007 (il nous a quitté prématurément le 24/12/2007) la présidence de l’OMNES.
Aujourd’hui un nouveau président en la personne de Robert THOMAS, ainsi qu’un nouveau bureau et C.A continue et perpétue les valeurs de nos illustres prédécesseurs, au sein de l’OMNES.